espérons-le…
Son familier l’avait une nouvelle fois suivie dans le portail. Il n’avait jamais réussi à apprivoiser ce maudit chat mais il ne l’avait jamais perdu. Il s’en tirait à chaque fois, même dans les pires situations dans lesquels il l’avait entrainé, il s’en sortait sans la moindre égratignure. Il se demandait souvent combien de vie il pouvait avoir, en tout cas plus de neuf ça c’est sûr.
Il secoua sa cape pour en faire tomber la poussière grise qu’il avait ramené du donjon, ajusta sa besace sur son flanc et il commença sa progression s’appuyant sur son long bâton.
Il avait l’habitude de ces voyages à travers les plans, de ces changements de mondes et d’espaces temporelles. Au début, il ne pouvait se
retenir de vomir son dernier repas à chaque arrivée. Il faut dire que le choque que son corps subit à chaque fois n’est pas très agréable, changement d’air, de pression de climat en un instant à de quoi perturber même les plus fort. Cette fois l’endroit n’était des plus agréables : une forêt lugubre, une nuit qui ne l’était pas moins et quelque chose dans l’air qui rodait comme s’il était arrivé un plein milieu d’un cimetière.
Il marcha entre d’énormes sapins dont il ne parvenait pas à deviner l’âge ni la nature. Ils devaient mesurer plus de cent mètres de haut et leurs troncs, d’un gris presque brillant dépassait facilement les deux mètres de diamètres.
Il n’était pas perdu, la force qui l’avait entrainé ici le guidait jusqu’à elle et c’est d’un pas décidé qui avançait. Il se demandait où il avait atterrît et ce qu’il pourrait bien trouver une fois arrivée à destination et, un peu perdu dans ses pensées, il ne s’aperçut pas du changement de comportement de son familier. Il faillit même lui marcher dessus car celui-ci s’était arrêter les poiles hérissés sur son dos. Il porta instinctivement la main au pommeau de sa rapière accrochée à son ceinturon, cherchant du regard ce qui pouvait affoler son chat à ce point. C’est là qu’il commença à percevoir cette odeur de puanteur si caractéristique d’un troll. Il ne bougea plus d’un cil, espérant qu’il se soit trompé ou que cet être immonde, où qu’il soit, passe sans le voir. Son instinct de survie l’alerta d’un danger imminent, et il fouilla les ténèbres du regard se préparant à esquiver l’attaque ; rien derrière ce gros arbre, ni derrière celui-ci, ni derrière cet énorme rocher mesurant plus de cinq mètres de haut… Ces yeux s’agrandir d’effroi : ce qui venait de prendre pour de la roche était en fait un énorme troll des collines à l’affut de sa prochaine proie et qui de toute évidence le concernait de très près. Il réussi de justesse à éviter le tronc d’arbre qui servait d’arme primitive au troll. Il plongea de coté, le mouvement ne devint gracieux que bien des années plus tard dans ses récits d’aventures au fond d’une taverne et après quelques chopes de bières. Pour le moment il se retrouva le nez dans la boue, affalé de tout son long avec son bâton de magie planté dans un buisson à plus de trois mètres de lui. Il fit une roulade de coté pour éviter la seconde attaque du troll qui laissa un trou de plusieurs centimètres dans le sol à l’endroit même où il se tenait un instant avant. Il réussit à se relever et fit face à son adversaire, le troll ne sembla pas impressionné par la fine rapière avec laquelle il le menaçait. Il devina même un léger sourire sur sa face grossière si cela pouvait être possible pour cette créature.
Le troll frappa à plusieurs reprises mais Ducarak réussit à les esquiver mais il s’essouffla rapidement, même s’il se débrouillé à l’art des armes ce n’était pas sa spécialité et un troll a de l’endurance c’est connu. Son adversaire ne lui laissait aucun répits et il ne pouvait pas se concentré pour lancer un sort. Il décida donc de ruser mais si le jeu était dangereux voir mortel : il feignit l’épuisement, baissant légèrement sa garde et faisant croire un troll que l’issue du combat approchait. Malheureusement un des coups arriva à destination, il sentit le choc lui cassé des cotes et la puissant de l’attaque l’envoya plusieurs mètres plus loin. Il resta un sol comprenant que c’était sa seule chance de s’en tirer vivant, il se concentra, le troll s’approcha, salivant à l’annonce de son futur repas. Il arma son attaque finale : il prit le tronc d’arbre qui lui servait d’arme à deux mains. Il dominait son adversaire de toute sa taille prêt à lui détruire la tête (une des parties qu’il ne devait pas apprécier plus que ça).
C’est à ce moment que l’attaque magique se déclencha. Toutes les particules de ténèbres qui régnait aux alentours, ce qui ne manquait pas
dans cet endroit de misère, se précipitèrent dans l’âme du magicien, se concentrèrent et un rayon noir jaillit de sa main tendu vers le troll. Vu la distance entre les deux combattants le choc fût violent, projetant cette montagne de muscle en arrière et une grande partie ses intestins encore plus loin.
Ducarak se releva, une main sur ses cotes douloureuses, encore étourdit par le coup reçu et par la dépense d’énergie réclamée par le sort. Quand sa tête arrêta de tournée et vit son chat sur le corps du troll en train de faire sa toilette. « Saleté de bestiole ! Tu aurais pu me donner un coup de main ! ». L’animal, comme à son habitude, ne réagit pas.
Il mit un peu de temps pour retrouver toutes ses affaires. De sa besace il sortit quelques plantes médicinales pour se soigner et calmer la douleur. Il ne perdit pas de temps ne sachant pas si la dépouille du troll n’allait pas attirer d’autres habitants peux recommandables du coin. Il reprit sa route.
